005. SUÐURLAND, VISIONS

La voix des eaux
Voici encor de l’heure qui s’argente,
mêlé au doux soir, le pur métal
et qui ajoute à la beauté lente
les lents retours d’un calme musical.
L’ancienne terre se reprend et change:
un astre pur survit à nos travaux.
Les bruits épars, quittant le jour, se rangent
et rentrent tous dans la voix des eaux.
L’invisible qui luit
C’est presque l’invisible qui luit
au-dessus de la pente ailée;
il reste un peu d’une claire nuit
à ce jour en argent mêlée.
Vois, la lumière ne pèse point
sur ces obéissants contours,
et, là-bas, ces hameaux, d’être loin,
quelqu’un les console toujours.
– Rainer Maria Rilke, Quatrains Valaisans